Le Kitâb al-Îmân, le livre de la foi, est l’un des genres les plus anciens et les plus exigeants de la littérature dogmatique. Il ne s’agit pas d’exhorter à croire, mais de définir : que recouvre précisément le mot foi, qu’englobe-t-il, que n’englobe-t-il pas, et quelles conséquences en découlent sur le statut des actes et des personnes. Les débats qu’il tranche ont structuré la pensée musulmane pendant des siècles.
Le premier tome pose les fondements, la sémantique et les statuts. Il établit la distinction entre îmân, islâm et ihsân, ces trois termes que l’on confond si souvent en français sous le mot « foi ». Il définit ensuite l’injustice, l’hypocrisie et le péché, et réfute les thèses soutenant qu’une foi sans actes suffirait. Le second tome est consacré aux réfutations dogmatiques : l’augmentation et la diminution de la foi, la question du décret, al-Qadar, l’exception dite al-istithnâ’, et les divergences sur l’état de la foi au moment de la mort. Pour les autres ouvrages de dogme, voyez notre rayon croyance, aqida et tawhid.
Pourquoi ces distinctions comptent
On pourrait croire à des subtilités de spécialistes. Elles ne le sont pas. Savoir si la foi augmente et diminue change le regard que l’on porte sur ses propres hauts et bas ; savoir ce qui relève de l’islâm et ce qui relève de l’îmân détermine la façon dont on juge, ou dont on s’abstient de juger, la pratique d’autrui. C’est pourquoi ces questions, apparemment techniques, ont toujours eu des conséquences très concrètes sur la vie des communautés. Un ouvrage de 840 pages leur donne la place qu’elles réclament.
À qui s’adresse cet ouvrage
L’éditeur le destine aux étudiants en sciences islamiques et à tout lecteur intéressé par les fondements de la foi. Le volume et la nature du contenu confirment ce ciblage : c’est un ouvrage d’étude, que l’on consulte et que l’on annote, pas une lecture d’un soir. Pour les ouvrages de science religieuse au sens large, voyez notre rayon science religieuse.
















